Personnages du Coran et de la Bible

Noé

Il y a un personnage dans l’histoire humaine que le Coran appelle un prophète, et que la Bible appelle « un prédicateur de la justice » (2 Pierre 2.5), mais que l’on pourrait qualifier de charpentier, de marin, de directeur d’un jardin zoologique flottant, ou de vigneron. Vous avez peut-être déjà deviné qu’il s’agit de Noé, appelé Nûh par les musulmans et mentionné plus de cent fois dans le Coran. En fait, des versions de son histoire ont été conservées dans les traditions d’au moins 270 peuples différents sur tous les continents du monde. Le récit biblique est contenu dans les chapitres 6 à 9 du livre de Genèse. Révisons son histoire afin d’en tirer des leçons qui s’appliquent à nous aujourd’hui.

Son histoire

« Le Seigneur vit que les hommes étaient de plus en plus malfaisants dans le monde, et que les penchants de leur cœur les portaient de façon constante et radicale vers le mal. Il en fut attristé et regretta d’avoir fait des hommes sur la terre. Il se dit : “Il faut que je balaye de la terre les hommes que j’ai créés, et même les animaux, grands ou petits, et les oiseaux. Je regrette vraiment de les avoir faits.” Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Éternel…

Noé était un homme droit, fidèle à Dieu ; il vivait en communion avec Dieu.

Mais aux yeux de Dieu, l’humanité était pourrie : partout ce n’était que violence. Quand il regardait la terre, il constatait que tout le monde s’y était dévoyé. Il dit alors à Noé : “J’ai décidé d’en finir avec les hommes. Par leur faute le monde est en effet rempli de violence ; je vais les supprimer de la terre. Construis-toi une arche, une sorte de grand bateau en bois de cyprès ; tu l’aménageras en nombreux compartiments, et tu l’enduiras de poix à l’intérieur et à l’extérieur. Voici comment tu la feras : elle devra avoir cent cinquante mètres de long, vingt-cinq de large et quinze de haut. Tu la muniras d’un toit, et tu laisseras un demi-mètre entre le toit et le haut des côtés. Sur un côté tu ménageras une porte. Enfin tu disposeras l’arche en trois étages. Quant à moi, je vais provoquer une grande inondation, pour anéantir tout ce qui vit. Tout ce qui se trouve sur la terre devra périr. Mais je prends l’engagement de t’épargner. Tu vas entrer dans l’arche, avec ta femme, tes fils et tes belles-filles. Tu devras y faire entrer aussi un couple de chaque espèce vivante, un mâle et une femelle, pour les conserver en vie avec toi. Un couple de chaque espèce animale, oiseaux, grands ou petits animaux, arrivera auprès de toi pour avoir la vie sauve. Procure-toi donc toutes sortes de vivres, fais-en des provisions, pour que vous ayez de quoi manger, eux et toi.” C’est ce que fit Noé ; il exécuta tout ce que le Seigneur lui avait ordonné. » (Genèse 6.5-22)

Pendant les années que Noé passa à construire l’arche, Dieu montrait sa patience envers les hommes (1 Pierre 3.20), et Noé leur prêchait et essayaient de les avertir et les amener à la repentance (2 Pierre 2.5). Mais finalement le jour arriva où Dieu dit à Noé :

« “Entre dans l’arche, toi et ta famille, car j’ai constaté que tu es le seul parmi tes contemporains à m’être fidèle. Prends avec toi sept couples de chaque sorte d’animaux purs, mais un couple seulement de chaque sorte d’animaux impurs… Encore une semaine, et je ferai tomber la pluie…” Noé exécuta tout ce que le Seigneur lui avait ordonné…

Le dix-septième jour du deuxième mois, les eaux souterraines jaillirent impétueusement de toutes les sources, et les vannes du ciel s’ouvrirent en grand. Il se mit à pleuvoir sur la terre ; la pluie allait durer quarante jours et quarante nuits…

Quand le niveau de l’eau monta, l’arche fut soulevée au-dessus du sol et se mit à flotter. Puis le niveau monta de plus en plus et l’arche partit à la dérive sur l’eau. Le niveau monta toujours plus, jusqu’à ce que les plus hautes montagnes qui existent soient entièrement recouvertes. L’eau monta finalement jusqu’à sept mètres au-dessus des sommets. Tout ce qui vivait et se mouvait sur la terre périt… Sur l’ensemble de la terre ferme, tout ce qui possédait un souffle de vie mourut. Le Seigneur balaya ainsi de la terre tout ce qui vivait, depuis les êtres humains jusqu’aux grands animaux, aux petites bêtes et aux oiseaux. Ils furent éliminés de la terre. Seul Noé survécut et, avec lui, ceux qui étaient dans l’arche…

Le dix-septième jour du septième mois, l’arche s’échoua dans le massif de l’Ararat. Les eaux continuèrent à se retirer jusqu’au dixième mois. Le premier jour de ce mois, on vit apparaître le sommet des montagnes.

Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu’il avait ménagée dans l’arche. Il laissa partir un corbeau. Celui-ci sortit et s’en revint bientôt : il fallait attendre que l’eau se résorbe sur la terre. Plus tard, Noé laissa partir une colombe… Mais… elle revint à l’arche, auprès de Noé… Il attendit une semaine et la laissa de nouveau partir. La colombe revint auprès de lui vers le soir ; elle tenait dans son bec une jeune feuille d’olivier. Alors Noé sut que le niveau de l’eau avait baissé sur la terre. » (Genèse 7.1-8.11)

Après un an et dix jours au total dans l’arche, Noé et sa famille en sortirent, ainsi que tous les animaux. Noé bâtit un autel qu’il consacra au Seigneur. Parmi les grands animaux et les oiseaux, il prit une bête de chaque espèce considérée comme pure et les offrit au Seigneur sur l’autel en sacrifice entièrement consumé par le feu. Le Seigneur respira l’odeur apaisante de ce sacrifice et il se dit : « Je renonce désormais à détruire tout ce qui vit comme je viens de le faire. Tant que la terre durera, semailles et moissons, chaleur et froidure, été et hiver, jour et nuit ne cesseront jamais » (Genèse 8.20,21a,22). Dieu bénit Noé et ses fils en leur disant : « Multipliez-vous et peuplez toute la terre (Genèse 9.1)… J’établis mon alliance avec vous et avec votre postérité après vous… Il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre » (Genèse 9.11, LS). Et Dieu ajouta : « Voici le signe que je m’engage envers vous et envers tout être vivant, aussi longtemps qu’il y aura des hommes : Je place mon arc dans les nuages ; il sera un signe qui rappellera l’engagement que j’ai pris à l’égard de la terre » (Genèse 9.12,13).

Des leçons sur Dieu

Le récit que nous venons de suivre nous enseigne des vérités fondamentales sur Dieu et ses rapports avec les hommes. Nous voyons, par exemple, les réactions de Dieu face à nos péchés. Premièrement, Dieu est attristé, affligé en son cœur quand il considère la rébellion et la désobéissance de l’homme, sa méchanceté envers ses semblables, son manque de respect et de reconnaissance envers son Créateur. Dieu espère de meilleures choses de notre part. Il sait que nous sommes capables de mieux faire. Et il est déçu par notre comportement. Mais il y a aussi une juste colère et la volonté de punir l’iniquité. Dans la Deuxième Épître de Pierre, l’auteur aligne plusieurs exemples des méchants que Dieu a punis dans le passé, y compris la génération de Noé. Puis il dit que si Dieu n’a pas épargné tous ces gens, nous pouvons être sûrs que Dieu sait « réserver les injustes pour être punis au jour du jugement » (2 Pierre 2.9). Il est vrai que nous ne voyons pas toujours les coupables impénitents punis selon leurs crimes ; certains jouissent de bonnes choses jusqu’à leur mort sans jamais exprimer un regret à l’égard de leurs mauvais actes. Mais le Dieu de l’univers n’est pas indifférent à l’injustice des hommes, et il l’a démontré de manière dramatique par le déluge. Il est vrai que Dieu promet ne pas détruire le monde par une autre inondation mondiale, mais sa parole nous annonce que « les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies » (2 Pierre 3.7).

Mais en même temps que cette histoire nous rappelle la sévérité de Dieu, elle nous montre sa bonté. Pierre nous dit que Dieu « attendait avec patience durant les jours où Noé construisait l’arche » (1 Pierre 3.20). Pourquoi attendait-il ? « Le Seigneur ne tarde pas à accomplir ce qu’il a promis, comme certains le pensent. Mais il est patient envers vous, car il ne veut pas que qui que ce soit aille à la ruine ; au contraire, il veut que tous aient l’occasion de se détourner du mal » (2 Pierre 3.9).

Nous voyons aussi la bonté et la miséricorde de Dieu dans le fait qu’il fournit un moyen d’échapper au jugement. À travers Noé il avertit les hommes du déluge qui venait, et il pourvut l’arche, un moyen d’être sauvé de la mort. Aujourd’hui également, Dieu nous avertit du danger qui guette le pécheur – il avertit au moyen de l’évangile. Pareillement, il offre un moyen de salut, qui est Jésus, le Messie, le Christ. Pour citer encore l’apôtre Pierre : « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu » (2 Pierre 1.3).

Les traits de Noé qu’il faut imiter

En plus des principes qui concernent Dieu et ses rapports avec les hommes, nous voyons dans l’histoire de Noé les traits d’une foi qui plaît à Dieu, une foi que nous devons imiter. Selon Hébreux 11.1, « la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, la certitude de celles qu’on ne voit pas ». C’est le fait d’accepter un témoignage par confiance à la source de ce témoignage. Je n’ai pas vu Jésus en personne, mais je suis certain qu’il a vécu sur cette terre et qu’il est le Sauveur du monde quand je considère les nombreux témoignages à sa vie dans l’histoire profane et encore plus dans la parole sacrée. Rendez-vous compte que Noé n’avait jamais vu la pluie, encore moins une inondation mondiale ? On parle aujourd’hui du changement du climat mondial, mais le climat de la planète était très différent à l’époque de Noé par rapport à ce que nous connaissons. Selon Genèse 2.5,6, « l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre… mais une vapeur s’éleva de la terre, et arrosait toute la surface du sol ». Noé n’avait donc jamais vu de la pluie, mais puisqu’il avait confiance en Dieu qui lui dit qu’il allait détruire le monde par inondation, Noé agit en conséquence. Hébreux 11.7 dit : « C’est par la foi que Noé, divinement averti des choses qu’on ne voyait pas encore, et saisi d’une crainte respectueuse, construisit une arche pour sauver sa famille. » Remarquez que la foi le poussa à obéir. Il y a beaucoup de personnes qui prétendent avoir foi en Dieu, mais une foi qui n’est pas assez forte pour se manifester en obéissance ne sert à rien. « Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2.26).

Mais la foi rencontre toujours des obstacles. Satan essaie toujours de l’affaiblir ou de l’étouffer. Il est généralement difficile de se trouver dans la minorité – on se demande si l’on peut vraiment avoir raison quand tout le monde semble penser le contraire de ce que nous croyons. Mais les masses ont rarement eu raison en ce qui concerne Dieu. Jésus dit en Matthieu 7.13,14 : « Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » Nous pouvons facilement imaginer les difficultés que Noé a dû rencontrer – le mépris et la moquerie de tous ceux qui l’entouraient et considéraient sûrement que seul un fou construirait un si grand bateau, loin de la mer. Et pourquoi le faisait-il ? Parce qu’il croyait qu’une grosse pluie allait inonder le monde entier – alors que ni Noé ni aucun autre homme n’avait jamais vu de la pluie ! Noé serait déjà mal vu parce qu’il ne participait pas à l’iniquité de sa génération. Pierre rappelle aux chrétiens que les païens « trouvent étrange que vous ne vous précipitez pas avec eux dans le même débordement de débauche, et ils vous insultent » (1 Pierre 4.4). Et quand Noé disait aux autres que le déluge venait à cause de leur péché et leur méchanceté, ils ajoutèrent peut-être la colère et la menace à la simple moquerie. Malgré tout cela, Noé garda sa foi en ce que Dieu avait dit.

Conclusion

Oui, il y a beaucoup de choses que nous pouvons apprendre de l’histoire de Noé. Mais l’une des plus importantes est que nous devons prendre au sérieux les avertissements concernant le jour du jugement et nous apprêter. Jésus, en parlant de son retour pour juger le monde, dit en Luc 17.26,27 : « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l’homme. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; le déluge vint, et les fit tous périr. » Ne vous laissez pas distraire par les soucis et les occupations de cette vie au point de ne pas vous préparer pour le dernier jour. Dieu jugera le péché – cela est absolument certain. Il offre sa grâce actuellement à ceux qui croiront. Mais tout comme les gens d’autrefois ne pouvaient plus être sauvés une fois que Noé et les siens entrèrent dans l’arche et que Dieu en ferma la porte, de même, il sera trop tard pour obtenir le pardon quand nous verrons Jésus venir du ciel avec ses saints anges pour juger le monde. Comme l’apôtre Pierre le dit en Actes 2.40 : « Sauvez-vous de cette génération perverse. »

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